Incinération


En envoyant encore plus de 60% de ses déchets ménagers dans des décharges ou des incinérateurs couteux et polluants, la France freine la réduction à la source des déchets et le développement des alternatives.

Une prise de conscience tardive des risques de pollution associés aux UIOM (les premières normes réglementant les émissions des incinérateurs n’ont été adoptées au niveau européen qu’en 1989 et traduites en droit français qu’en 1991) et la mauvaise exploitation de certaines unités ont porté préjudice à l’image de cette technique de traitement des déchets en France.


L’incinération des ordures ménagères et assimilées est un mode de traitement thermique qui consiste à brûler 

les déchets dans des fours, en présence d’air.


Les gaz générés par cette combustion sont traités à l’aide de dispositifs d’épuration des fumées.


L’énergie fournie par ce traitement thermique permet de produire de la vapeur qui peut être utilisée sous trois 

formes : chaleur seule, électricité seule ou les deux (cogénération).


En France en 2008, 13,52 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés ont été incinérés sur les 

 47,11 millions de tonnes de déchets ménagés et assimilés collectés par le service public, soit 28,7 % 

(ADEME, 2010).


Avec aujourd’hui 130 usines d’incinération d’ordures ménagères en fonctionnement (en 1997, nous en 

comptions 300), la France possède le plus grand parc d’Europe en nombre d’unités. Cependant, les installations

sont de capacité relativement modeste :100 000 tonnes en moyenne, pour 300 000 par exemple chez nos 

voisins allemands.

Rejets atmosphériques

Les gaz issus de la combustion des déchets doivent être portés à 850°C, pendant deux secondes, afin de détruire les polluants organiques et font l’objet d’une filtration et d’un traitement. Les fumées issues de l’incinération sont purifiées pour limiter les rejets dans l’atmosphère (poussières, métaux lourds, acides...) par une combinaison de différents traite- ments physiques et chimiques :

• Dépoussiérage : la récupération des particules en sus- pension dans les fumées est réalisée par des électrofiltres (pour les métaux lourds) et/ou des filtres à manches ou des cyclones (par centrifugation), la poussière récupérée étant envoyée dans une installation de stockage de déchets dan- gereux.

• Neutralisation des gaz acides : un mélange d’eau et de chaux (ou du bicarbonate de sodium) provoque une réac- tion chimique qui détruit les acides (acide chlorhydrique et oxydes de soufre).

• Réduction des oxydes d’azote : une injection d’ammo- niac (suivie du passage dans un catalyseur ou non) permet de transformer les oxydes d’azote par réaction chimique avec l’ammoniac, en azote, gaz inoffensif.

• Elimination des dioxines et des furanes par adsorption sur du charbon actif ou par une réduction sélective cata- lytique.

Rejets liquides

Les effluents liquides d’une UIOM proviennent de différentes sources :

• Lavage des sols et des conteneurs,

• Refroidissement des mâchefers*,

• Filtration des boues de lavage des fumées (dans le cas d’un traitement des fumées par voie humide),

• Lavage des fours – chaudières de l’usine,

• Dépotage et entreposage des déchets (fraction aqueuse des déchets).

Ces eaux sont traitées avant envoi en station d’épuration. Une partie peut également être recyclée sur site (traitement des fumées, refroidissement des mâchefers).

Rejets solides

Les principaux résidus solides issus de l’incinération des déchets ménagers sont :

• Les mâchefers d’incinération des ordures ménagères ou « Miom » (3), qui correspondent à la fraction non com- bustible des déchets et que l’on extrait à la base du four. Ils sont principalement constitués de silice, de métaux (fer, aluminium) et de métaux lourds (zinc, plomb, chrome, nic- kel...). Après refroidissement et traitement (criblage, déferraillage, maturation), moyennant une élaboration et le respect de règles d’usage techniques et environnemen- tales, certains d’entre eux peuvent être valorisés sous forme de remblais routiers ou de sous-couche routière; les autres sont stockés en installation de stockage de déchets non dangereux.

• Les résidus d’épuration des fumées d’incinération d’ordures ménagères ou «Refiom». Ils sont définis comme (arrêté du 18 décembre 1992) :

• Suies et cendres non volantes, • Poussières, suies et cendres volantes, • Déchets de neutralisation des gaz et eaux de lavage des gaz.

Les REFIOM, qui contiennent des sels et métaux lourds en quantité importante, sont stabilisés avant d’être enfouis en ins- tallation de stockage de déchets dangereux. Des techniques alternatives (vitrification ou valorisation en remblais dans les mines de sel allemandes) existent également.

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1 - 20 kg de poussières et cendres par tonne de déchets Dans les électrofiltres, les cendres volantes sont électrisées (ionisées) et se collent sur des électrodes en forme de plaques. Ces plaques sont frappées automatiquement pour récupérer les cendres dans des trémies.

2 - Le lavage des fumées Les fumées traversent ensuite deux colonnes de lavage, l’une acide l’autre basique, qui vont piéger les polluants : poussières résiduelles, métaux lourds, chlore, fluor, oxydes de soufre.

3 - Les dioxines Il ne reste plus qu’à détruire les dioxines et les oxydes d’azote. Les gaz traversent un catalyseur. Il fonctionne comme le pot catalytique d’une voiture. Ces polluants sont totalement décomposés (leurs molécules sont cassées)

4 - La sortie L’usine rejette par sa cheminée 68 % d’air, 23 % de vapeur d’eau et 9 % de gaz carbonique. Les autres substances, à l’état de traces, sont contrôlées de très près.


Le Cniid dénonce le lobbying fait autour de l’énergie issue de l’incinération en France, qui entreprend aujourd’hui de surfer sur la vague de l’économie circulaire pour redonner une nouvelle jeunesse à cette pratique polluante et à l’efficacitéénergétique limitée. 

 Rappelons que :

•          La formule qui permet aux incinérateurs de prétendre au statut de "valorisation énergétique" est controversée au niveau européen depuis le début des débats sur la directive cadre de 2008 ;

•          de nombreux incinérateurs qui prétendent faire de la valorisation énergétique contribuent en réalité autant à l’effet de serre qu’une centrale à gaz ou au fuel [2] ;

•          si l’énergie issue de l’incinération bénéficie à 50% d’un statut "renouvelable" c’est uniquement grâce à la combustion de papier et carton, recyclables, et de déchets alimentaires, composés principalement d’eau et compostables, qui ne brûlent bien qu’en raison de la présence de plastiques ou de l’ajout ponctuel de carburants fossiles (gaz, fuel) 

•          l’absence de flexibilité des incinérateurs qui doivent, pour être rentables, être alimentés à quantité constante de déchets pendant toute leur durée de vie, rentre en concurrence directe avec la réduction des déchets, le réemploi, le tri à la source des déchets organiques et le recyclage.

La récupération de l’énergie issue de la combustion des déchets ne doit en aucun cas être un argument de maintien ou d’extension de capacités d’incinération qui n’auront plus d’utilitéà court ou moyen terme. En phase de transition vers une économie circulaire, la mutualisation des capacités d’incinération et de stockage, dans le respect du principe de proximité, est la seule option pour garantir la mise en œuvre de politiques ambitieuses de réduction des déchets, de réemploi, de tri à la source des déchets organiques et de recyclage.


[1] Télécharger le manifeste des ONG européennes    

[2] A kWh utile produit égal. Plus d’explications dans la présentation de Jean-François Patingre à l’occasion du colloque de l’ORDIF en 2009 "Déchets : sources d’énergie ?" : http://bit.ly/nQnT54

plus d’infos : cniid : lutter contre l'incinération

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