Effets sanitaires liés à la gestion des déchets ménagers



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La production croissante de déchets et leurs divers modes de gestion contribuent aux rejets dans l’environnement de substances potentiellement dangereuses qui suscitent de multiples interrogations quant à leur risque pour la santé humaine. La gestion des déchets impacte l’environnement directement lors de la collecte et du traitement, et indirectement par les produits utilisés ou générés lors du traitement. Les situations et les questions qui se posent sont très variées, les phénomènes en jeu complexes, et les connaissances qui restent à acquérir parfois vastes.


La collecte et le tri

Ainsi, dans des environnements confinés où les déchets sont manipulés de façon manuelle et/ou mécanique, les travailleurs sont exposés principalement à des poussières, des agents biologiques dispersés dans l’air (bioaéro-sols), des gaz et des vapeurs (composés organiques volatils notamment).

Effets sanitaires étudiés chez les professionnels

Les études menées chez les travailleurs affectés à la collecte ou au tri des déchets ont montré une plus grande fréquence 

           •  des troubles respiratoires aigus et 

           • de troubles gastro-intestinaux – souvent liés aux bioaérosols présents dans les ambiances de travail – et 

           • des troubles musculo-squelettiques liés aux gestes et aux postures. 

Ces travailleurs peuvent également être exposés à certaines maladies infectieuses (hépatites, en particulier), notamment lors de piqûres ou de coupures avec des ordures souillées par du sang.

Cependant, ce risque reste très faible en France, en raison des mesures réglementaires et sanitaires en vigueur.

Effets sanitaires étudiés chez les riverains

Il n’existe pas d’étude, à ce jour, sur les risques sanitaires de la collecte et du tri des déchets pour les riverains.


Le traitement biologique par compostage

Durant le compostage, divers gaz peuvent être émis dans l’atmosphère en fonction des conditions d’aération, de l’étape du traitement ou encore de la nature des déchets traités : gaz carbonique (dioxyde de carbone), protoxyde d’azote (oxyde nitreux), composés soufrés et ammoniac principalement, mais aussi, en plus faible quantité, composés organiques volatils non méthaniques. Lors de la manipulation des matières, des poussières sont mises en suspension dans l’air. Ces poussières sont parfois vectrices d’éléments traces métalliques (ETM) ou de composés traces organiques (CTO).

Au départ du processus de compostage, les déchets contiennent un certain nombre de micro-organismes d’origine fécale (bactéries, virus et parasites), dont certains sont patho- gènes par voie digestive (cas de Salmonella spp).

Durant le compostage, la flore mésophile* est remplacée par une flore thermophile* dont certains germes peuvent présenter un risque infectieux, allergique ou toxique : c’est le cas des actinomycètes, des moisissures et de leurs spores.

La flore fongique thermophile est présente quant à elle à des concentrations de 1000 à 10000 UFC* par mètre cube. Les genres prédominants sont Aspergillus, Penicillium et Cladosporium. Les mycotoxines sont des substances produites quant à elles par certaines moisissures dans des conditions d’humi- dité, de température et de nutriments optimales. Certaines d’entre elles étant retrouvées dans le compost

Effets sanitaires étudiés chez les professionnels

Chez les professionnels travaillant sur les plateformes de compostage, l’exposition aux bioaérosols peut entrainer 

      • une irritation des muqueuses respiratoires et des yeux, et 

      • un risque plus élevé de maladies respiratoires allergiques. 

Aucune conclusion ne peut être tirée en ce qui concerne une altération de la fonction respiratoire à long terme dans la mesure où les données épidémiologiques disponibles ne sont pas suffisamment nombreuses et convergentes. 

      • possible de troubles gastro-intestinaux et de troubles dermatologiques (bioaérosols) .

Effets sanitaires étudiés chez les riverains

Les études montrent une possible association entre des symptômes divers (nausées, maux de tête, vomissement, fatigue) rapportés par les riverains et leur exposition aux microorganismes présents dans l’environnement des unités de compostage.


Les usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM)

Les fumées d’une UIOM, avant traitement, contiennent de nombreuses substances chimiques : les principales substances émises sont le monoxyde de car- bone (CO), les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), l’acide chlorhydrique (HCl), les dioxines (PCDD) et furanes (PCDF), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les poussières et les métaux lourds (aluminium, arsenic, cadmium, cobalt, chrome, cuivre, fer, manganèse, mercure, nickel, plomb, zinc).

La littérature existante concernant les effets sanitaires des UIOM n’est pas basée sur le parc actuellement en fonctionnement mais sur des installations dont les rejets atmosphériques n’étaient pas contrôlés et traités suivant les mêmes standards qu’aujourd’hui.

Elle apporte des arguments en faveur d’une association possible entre l’exposition passée aux rejets de ces anciennes UIOM et la fréquence de certaines maladies chez les salariés et chez les riverains.

Effets sanitaires étudiés chez les professionnels

Chez les professionnels, les données disponibles montrent rétrospectivement une association possible entre l’exposition aux rejets de ces UIOM et l’apparition d’effets sur les voies respiratoires.

Effets sanitaires étudiés chez les riverains

Chez les riverains, pour lesquels les données sont plus nombreuses, les résultats évoquent un probable excès de risque de lymphomes malins non hodgkiniens et de sarcomes des tissus mous. 

On observe en outre des troubles de la reproduction et de certaines malformations congénitales, une augmentation de la fréquence globale de cancers (tous types confondus) chez la femme, en particulier du cancer du sein, ainsi qu’une augmentation de la fréquence du cancer du poumon (tous sexes confondus), des cancers gastro-intestinaux et du cancer du foie.


Les installations de stockage de déchets non dangereux (ISDnD)

Les polluants atmosphériques émis au niveau des ISDND ont été étudiés à plusieurs reprises au cours des dix dernières années en France.

Dans une étude coordonnée par le Réseau Santé Déchets à la fin des années 1990 et publiée en 2001, l’analyse de ces rejets sur deux sites de stockage, en ambiance générale et aux postes de travail, révèle la présence de différents types de pol- luants :

• Composés organiques volatils (COV), représentés princi- palement par des cétones, des aldéhydes et des alcools (notamment le méthanol) ;

• Formaldéhyde, retrouvé à des teneurs très inférieures à celles mesurées en atmosphère urbaine ;

• Benzène, composé dont les niveaux sont équivalents, voire inférieurs, à ceux trouvés en milieu urbain ;

• Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) particu- laires, dont les teneurs, équivalentes à celles de l’air urbain, semblent très liées aux mouvements des véhicules sur les sites ;

Toutes les installations de traitement des ordures ména- gères sont susceptibles d’être à l’origine de quatre types de nuisances principales : odeurs, circulation des véhicules, envols de déchets et modification du paysage.

Ces nuisances environnementales jouent un rôle important dans la perception (par les riverains des installations principa- lement) d’exposition à un risque éventuel ; elles contribuent à un sentiment d’insécurité sanitaire.

Elles sont tout particulièrement mises en avant par les rive- rains des ISDND ;

Effets sanitaires étudiés chez les professionnels

Chez les employés d’installations de stockage de déchets non dangereux et dangereux, les études montrent la possibi- lité d’effets non spécifiques sur la santé, comme des troubles respiratoires, dermatologiques, cutanés et neurologiques. Concernant les cancers, il n’y a pas de données disponibles pour conclure.

Effets sanitaires étudiés chez les riverains

Chez les riverains, les données disponibles concernant les effets non spécifiques sur la santé ne permettent pas de conclure à une association entre la survenue de ces troubles et le fait d’habiter à proximité d’une ISDND. En effet, il est dif- ficile de savoir si ces troubles sont la conséquence des pol- luants émis par les sites ou liés à l’inquiétude et à la préoccu- pation des populations étudiées concernant ces installations.


Les accidents du travail dans les filières de gestion des déchets ménagers et assimilés

Comparé à l’ensemble des neuf grandes branches d’acti- vité ou Comités techniques nationaux (CTN), le nombre d’ac- cidents pour 1 000 salariés est plus élevé dans les trois filières d’activité étudiées, puisqu’il a atteint en 2008 respective- ment, 79 pour la collecte, 76 pour le traitement et 42 pour l’incinération, contre 38 pour tous les CTN réunis.

Cette tendance se vérifie en outre chaque année, hormis pour la filière incinération qui, depuis 2008, a vu son indice de fréquence baisser très significativement.


voir le dossier AMORCE avril 2012Effets sanitaires liés à la gestion des déchets ménagers et assimilés

Infolettre n°11: Mars 2015

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