Obsolescence programmée 

« Obscolescence programée » 

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Confrontées aux limites inhérentes à notre planète (matières premières, énergie…), au changement climatique et à la nécessité de limiter les émissions de déchets en tous genres, nos sociétés vont devoir, bon gré mal gré, effectuer une transition majeure, dite «Transition écologique ». Dans cette même optique visant à parvenir à un modèle de production et consommation plus soutenable, la lutte contre l’obsolescence dite « programmée » des produits a un rôle de premier plan à jouer. Pour autant, est-on capable d’apprécier l’impact écologique réel, depuis la fabrication jusqu’à la fin de vie, des produits concernés ?

✦ UNE PALETTE DE STRATÉGIES QUI NE CESSENT DE SE RENOUVELER

L’obsolescence programmée est née de la nécessité de surmonter des problèmes de surproduction, caractéristiques des contradictions du modèle productiviste, qui apparaissent dès les années 30 aux États-Unis. Dès lors qu’un marché est saturé, comment continuer à vendre plus ?

La réponse d’une économie fondée sur l’exploitation illimitée des ressources naturelle n’a pas tardé : il suffit de diminuer la durée de vie ou d’utilisation du produit pour accélérer la fréquence de l’achat de renouvellement.

 Pour cela, de vastes stratégies « industrialo-technico-commerciales » sont déployées de la phase de conception des produits jusqu’aux techniques de vente et concernent tous les secteurs de la consommation, des vêtements à l’équipement électroménager en passant par les produits électroniques.

Ces mécanismes reposent par ailleurs sur un postulat erroné : celui d’une disponibilité illimitée des ressources naturelles. Dans le cas des produits électriques et électroniques, la raréfaction des matériaux utilisés (cuivre, or, cobalt ou zinc par exemple) est d’ores et déjà une réalité problématique pour les industriels producteurs.

Obscolescence connectée

Les objets connectés sont à la mode. Mais si l’objet est connecté, son fabricant peut aussi le désactiver. Qu’il s’agisse de votre voiture, de vos ampoules ou de votre stimulateur cardiaque, les objets que vous possédez reposent de plus en plus sur des logiciels en réseau. Supprimez ces logiciels et ils deviennent des déchets électroniques inutilisables ! 

Plutôt que de repenser leur modèle économique (en se concentrant par exemple sur les services associés aux produits), ces derniers croient voir une solution dans les techniques de recyclage. Si cette démarche présente l’avantage d’améliorer le taux de collecte et de diminuer l’impact en tant que déchets de ces produits, elle ne fait que repousser le problème. Le risque consiste à occulter l’enjeu réel, celui du passage d’une économie du jetable à une économie du durable.

Les industriels, pour qui le pouvoir d’achat des ménages doit être suffisant pour continuer à surconsommer du superflu, s’attachent donc surtout à augmenter sans cesse le « vouloir d’achat » du consommateur.

Un certain nombre de réserves peuvent être émises, notamment car une partie de ces stratégies repose sur l’effet de mode et l’attrait pour la nouveauté qui sont, consciemment ou non, acceptés par le consommateur. La remise en question du poids et de l’impact de la publicité renvoie à un changement sociétal au moins aussi difficile à opérer que celui portant sur les fondements économiques de l’obsolescence programmée (le productivisme). L’économiste Serge Latouche en fait ainsi le constat : les trois piliers de la société de consommation du 20e siècle sont l’obsolescence programmée, la publicité et le crédit .

L’argument écologique pourrait pencher dans la balance, mais en matière d’obsolescence programmée, il faut rester vigilant. En effet, l’une des stratégies de vente les plus récentes pour inciter au renouvellement de l’équipement consiste justement à mettre en avant le caractère écologique de nouveaux appareils plus économes en eau ou en énergie. Or cet argument n’est recevable que si la durée de vie de l’appareil est suffisamment longue pour que l’économie réalisée dans la phase d’utilisation l’emporte sur la consommation de ressources (toujours très importante) dans la phase de production de l’appareil ! Pour un ordinateur par exemple, il faudrait que la durée de vie de l’appareil soit d’au moins 6 ou 7 ans pour que l’impact en termes de réduction de la consommation d’énergie soit significatif, alors qu’elle est estimée en réalité à 3,5 ans en moyenne.

✦ DÉLIT D’OBSOLESCENCE PROGRAMÉE     

La loi portant sur la transition énérgétique introduit en son article 22ter A un délit d’obsolescence programmée puni de 2 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. 

  • Actuellemnt défini dans la loi comme « tout stratagème par lequel un bien voit sa durée de vie sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d'usage pour des raisons de modèle économique » l’obsolecence programmée va être difficile à prouver. Ce sera aux juges de déterminer si un bien indémontable, irréparable faute de pièces détachées ou incompatible avec un nouveau logiciel ou un nouveau chargeur, porte le sceau de l’obsolescence programmée. 

En effet il existe deux types d'obsolescence : une technique ou technologique  qui limite voire empêche la réparation d'un appareil (obsolescence par défaut fonctionnel : une seule pièce est en panne, l’appareil entier cesse de fonctionner ; obsolescence indirecte : lorsqu’un accessoire tel qu’un chargeur n’est plus réparable ou remplaçable ; obsolescence par incompatibilité logicielle, etc.), et une obscolescence psychologique ou esthétique surfant sur l'effet de mode (lorsque le produit ne correspond plus aux envies de l’utilisateur : nouvelles fonctionnalités ou esthétique à travers une mise sur le marché fréquente de nouveaux modèles).

COMMENT S’Y OPPOSER ?

  • A l’échelle individuelle, on peut cependant 
  1. acheter et vendre de produits de seconde main
  2. louer ou échanger pour un besoin ponctuel
  3. agir en cherchant systématiquement des solutions de réparation avant d’envisager le remplacement d’un objet. 

Il faut donc déjà éviter les produits jetables, puis choisir un bien réparable. Comment : en informant mieux le consommateur . En effet à compter du 1 Mars 2015 le consommateur sera informé « de manière lisible » avant l’achat sur la durée de disponibilité des pièces détachées. Pour l’instant, il n’a pas forcément conscience, au moment où il choisit un produit, que certains fabricants ne prennent même pas la peine de fabriquer des pièces détachées .Et lorsque des pièces sont disponibles, le suivi est très variable : certaines marques disposent des pièces pendant trois ans, d’autres pendant cinq ans, d’autres encore pendant plus de dix ans. L’affichage permettra de faire de la « réparabilité » des produits un critère d’achat. Mais  les fabricants qui ne proposent pas de pièces détachées n’ont pas d’obligation d’information.

Mais comment réparer ou acheter d’occasion ? Pour trouver les adresses pour donner une seconde vie à vos produits près de chez vous:www.produitspourlavie.org/annuaire. Pour un usage ponctuel on peut louer ou échanger (économie du partage)

  • A un niveau plus global 
  1. soutenir les associations qui luttent contre l’obsolescence programée 
  2. allonger la durée de garantie légale : La loi relative à la consommation adoptée le 17 mars 2014 établit une garantie à 2 ans pour tous les biens meubles corporels. En cas de défaut, c’est désormais au professionnel de prouver que le défaut n’existait pas, et non plus au consommateur. Cette garantie est gratuite.

Les Amis de la Terre demandent que la garantie soit étendue à 10 ans pour sortir de l’ère du jetable et entrer dans celle du durable, qui représente un vivier d’emplois non délocalisables dans l’éco-conception, la réparation et le réemploi.


Trop de déchets, assez de l’obsolescence programmée. Partageons, réparons, réinventons nos modes de vie !  Les Amis de la Terre


Voir aussi

On n'est plus des pigeons (France 4) : l'obsolescence programmée, qu'est-ce que c'est ? (VIDEO

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