Compostage


       Pertes et gaspillages alimentaires

    ★   Collecte séparée des biodéchets

 

Le compostage  est un procédé de traitement biologique aérobie, c’est-à-dire en présence d’oxygène, en conditions contrôlées, des matières fermentescibles contenues dans les déchets.  Il permet l’obtention d’une matière fertilisante stabilisée riche en composés humiques, le compost, susceptible d'être utilisé, s’il est de qualité suffisante, en tant qu'amendement organique améliorant la structure et la fertilité des sols. Le compostage s’accompagne d’un dégagement de chaleur et de gaz, essentiellement du gaz carbonique si l’aération est suffisante.


Les procéds du compostage

La décomposition comprend deux étapes successives qui dépendent de la composition de la microflore (micro-organismes naturellement présents dans le milieu) :

         • La fermentation ou phase thermophile (dégagement de chaleur), qui dure quelques semaines et se caractérise par une dégradation de la 

fraction organique simple. Durant cette étape, la multiplication des micro-organismes saprophytes et thermophiles et la température élevée (envi- 

ron 70°C), contribuent à détruire la plupart des micro-organismes pathogènes fécaux présents dans le produit initial (phase d’hygiénisation).

          • La maturation ou phase mésophile, qui commence lors de la diminution de la température et dure quelques semaines à plusieurs mois selon la qualité agronomique attendue du compost. A l’activité des premiers microorganismes succède celle des actinomycètes* et des moisissures méso-philes*, puis d’organismes de plus grande taille (vers de terre). Après retournement et criblage, cette phase aboutit à l’homogénéisation du compost.

          • Le compostage entraîne une perte d’environ 2/3 de la masse, par évaporation d’eau et par dégagement de CO2 dû à la consommation des matières carbonées les plus facilement fermentescibles. En 2010 2,1 millions de tonnes de compost est produit  à partir d’un flux annuel estimé à 6,2 millions de tonnes de déchets organiques. Quant aux biodéchets des ménages collectés séparément (déchets de cuisine et déchets verts), ils représentaient en 2011 1,3 Mt dont moins de 52 000 t contenant des déchets de cuisine (source : enquête collecte 2011).


Compostage à domicile

Il offre aux particuliers la possibilité de stabiliser leurs déchets et de les valoriser en circuit court. Cette pratique est très répandue en zone pavillonnaire (dans plus de 10 millions de foyers). Elle permet d’éviter de faire prendre en charge les biodéchets par le service public de collecte et de traitement des déchets

voir aussi compostage de proximité

Différentes formes de compostage peuvent être utilisées de manière complémentaire :

- le compostage domestique réalisé par les ménages, au fond du jardin. C’est, avec les autres pratiques de 

gestion domestique (paillage, alimentation animale, bois de chauffage...) la première solution à promouvoir car 

elle limite les flux d'ordures ménagères collectées et les flux de déchets verts apportés en déchèterie ;

- le compostage partagé en pied d’immeuble, dans des quartiers, des établissements de restauration 

collective, à la ferme ;

- le compostage centralisé, dans des installations de moyenne à très grande capacité (de 2 000 à 100 000 tonnes/an ou plus).

Le compostage peut être mis en œuvre à toutes les échelles et permet donc une gestion locale limitant les 

transports de déchets. 

❒ Les déchets traités par compostage

Les principaux déchets  traités doivent obligatoirement permettre une circulation suffisante de l'air pour que l'oxygène nécessaire à la respiration des microorganismes parvienne jusqu'au cœur des tas. La granulométrie des matières traitées ne doit donc pas être trop fine. Si les matières premières à traiter sont trop fines ou trop riches en eau, comme les boues de station d'épuration, il y a nécessité de les mélanger avec des structurants. Ces derniers sont des éléments grossiers, à base de bois (branchages ou palettes broyés etc.), qui laissent correctement circuler l’air et se dégradent lentement. Ces structurants sont récupérés par criblage en fin de compostage pour être utilisés à nouveau dans un nouveau tas à composter.

Les matières traitée comprennent : 

.- les déchets verts (tontes de pelouses, feuilles…) Le brûlage en plein air étant interdit, ces déchets doivent être valorisés au mieux tout en limitant les nuisances pour l’environnement. Parmi les voies de traitement possible, outre le compostahe, l’utilisation en paillage après simple broyage est possible, mais ne peut pas permettre à elle seule d’écouler tout le gisement produit. Une autre valorisation, de plus en plus pratiquée, est la filière énergie avec la fabrication de plaquettes bois pour le chauffage 

- les ordures ménagères résiduelles : Elles ont, dans un passé récent, été compostées sans tri préalable. Les composts produits dans ces conditions ont créé une mauvaise image de la filière compostage tant au niveau de la production agricole que des particuliers (présence importante d'indésirables comme le verre, les plastiques, les métaux ; teneurs en ETM relativement élevées). Le tri des emballages, généralisé dans la plupart des collectivités, ainsi que l'évolution de la réglementation ont encouragé les industriels à mettre en place la fabrication d'un nouveau type de compost issu de traitement mécano- biologique (TMB). Une fois collectés les emballages (par ramassage ou apport volontaire), les ordures ménagères résiduelles sont constituées d'un pourcentage important de matières fermentescibles (de l’ordre de 50 %), qui peuvent être valorisés par compostage. 

- les déchets agro-alimentaires, déchets de cuisine, fruits et légumes de retraits Ces déchets, produits régulièrement, peuvent très bien être gérés par les ménages eux-mêmes, réduisant ainsi de manière significative le tonnage d'ordures ménagères collectés (voir rubrique « gestion de proximité »). La collecte séparée des biodéchets est une solution intéressante notamment pour l’habitat urbain dense. Elle permet la confection de composts de qualité. Elle est encore peu pratiquée en France.

- les biodéchets des gros producteursDepuis le 1er janvier 2012, les producteurs et détenteurs de plus de 120 tonnes/an de biodéchets doivent mettre en place un tri à la source et une collecte sélective des biodéchets, en vue de leur valorisation par compostage ou méthanisation 

- les boues d’épuration urbaines ou industrielles : Il s’agit des boues produites dans les stations d’épuration des eaux urbaines avant que celles-ci ne soit rejetées en rivière. Les boues sont riches en matières organiques, mais également en phosphore et en azote. Elles peuvent également contenir des éléments traces métalliques (ETM) ou des composés traces organiques (CTO). Les teneurs en ces éléments indésirables ont fortement diminué ces dernières années.

- les effluents d’élevage (fientes, fumiers…) : Les fumiers sont soit compostés sur quelques plates-formes industrielles, pour la fabrication d’amendements organiques, soit la plupart du temps chez les éleveurs, de bovins en général. Du point de vue agronomique, le compost présente divers avantages par rapport au fumier d’origine : meilleure homogénéité à l’épandage, plus grande concentration en éléments fertilisants, assainissement (agents pathogènes, graines d’adventices).

❒ Incidences du traitement

La forte activité microbienne qui se développe, principalement lors des premières semaines de compostage, jointe à la montée en température qui accompagne cette fermentation, dans un milieu qui doit être fortement aéré, entraîne 

- d’importantes émissions de composés odorants. Ces émissions peuvent être la source de nuisances lorsque les installations ne sont pas confinées : les nuisances odorantes constituent ainsi les principaux motifs de plaintes des riverains.Le procédé de compostage en réacteur fermé permet un pilotage de façon autonome en termes d’aération et de gestion de l’humidité.

Les gestionnaires des installations de compostage à ciel ouvert (le plus fréquent), mettent en œuvre deux moyens de lutte :

  1. les systèmes préventifs

                 - retournement des andains en fonction des vents pour limiter les risques de gênes pour le voisinage ; 

                - mise en place d’une aération pilotée par la température ou l’oxygène ;

  1.  les systèmes palliatifs:

                - utilisation de produits masquants, qui est souvent liée à une politique de communication, dans le but de dissimuler les odeurs 

                - couverture des andains à l'aide d'une bâche ;

                - mise en place de véritables systèmes de collecte, associés à des tours de lavage et/ou de biofiltres dans le but de capter l’ammoniac;


- des émissions de gaz à effet de serre (méthane / CH4, protoxyde d’azote/N2O) mais aussi de l’ammoniac (NH3) vis-à-vis de l’acidification et de l’eutrophisation des milieux, ainsi que de divers composés soufrés et organiques volatils potentiellement générateurs d’odeurs et de troubles de la santé  dans des quantités très variables selon la pratique de compostage, évaluées de 2 à 5 fois inférieures aux émissions de CO2 inhérentes au compostage. 

Qualité du compost    

La qualité du compost produit est déterminante pour lui assurer des débouchés et donc pour la pérennité de l’activité de recyclage des déchets organiques.
L’objectif d’amélioration de la qualité du compost suppose une nette amélioration de la séparation de la fraction fermentescible des ordures ménagères résiduelles (ordures ménagères hors fraction collectées séparément) cette séparation pouvant intervenir chez l’habitant ou lors du prétraitement dans l’unité de compostage.

- des particules (poussières minérales et organiques) qui sont, quant à elles, souvent porteuses de microorganismes et molécules biologiques dont les effets inflammatoires, immuno-allergiques ou infectieux connus sont mal évalués.

- des éffluents ( eaux pluviales, eaux de ruissellement de la plate-forme, jus de process).  La quasi-totalité des plates-formes mettent en place les moyens nécessaires à la récupération des effluents et des eaux de ruissellement. 

En matière d'équipements, on distingue :

       • les moyens de traitement primaire : débourbeur / déshuileur, installation de dégrillage, bassin de décantation ou de stockage. Ces équipements aboutissent à une décantation des matières en suspension.

       • le traitement secondaire  : deuxième bassin en cascade, lagune aérée, lits plantés de roseaux... Il vise à dégrader la pollution organique des effluents recueillis et/ou à les stocker.



★ Le compostage n’est toutefois applicable qu’à la partie organique des déchets, qui en constitue environ le tiers : il reste donc à trouver des voies d’élimination pour les deux tiers restants.  

- la méthanisation notamment pour les biodéchets des ménages collectés sélectivement ou extraits par voie mécanique. Contrairement au compostage, cette technologie présente un bilan énergétique très positif en raison de la production d'un gaz biologique riche en méthane. Appropriée aux déchets humides et très biodégradables, elle pourrait à terme constituer une alternative au compostage, notamment si la fraction ligneuse des déchets devait être systématiquement dirigée vers la combustion.

- la valorisation énergétique par incinération, applicable en particulier à la fraction synthétique extraite lors du tri des déchets avant compostage,

- la mise en décharge pour les déchets ultimes non valorisables.


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 plus d’infos : FICHE TECHNIQUE : le COMPOSTAGE 2015



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