Compostage de proximité 


Le compost provient de la transformation aérobie de déchets organiques par le biais de micro-organismes. Le produit obtenu se transformera dans le sol en humus, très utile en agriculture et en jardinage. 

Composter dans le jardin de la maison devient une pratique assez courante, relativement simple à mettre en œuvre. 

On peut aussi s’y adonner collectivement, au moins pour l’étape de fabrication du compost. Mais chacun continue à apporter de manière individuelle ses déchets organiques jusqu’au lieu de compostage. C’est ce qu’on appelle le compostage «semi-collectif» ou «partagé» de proximité qui peut se réaliser à l’échelle d’une résidence (en pied d’immeuble) ou à l’échelle d’un quartier. Ici, l’apport de matières à composter est assuré par les habitants eux-mêmes sur un site prévu à cet effet. Le rôle des bénévoles dans la mise en place et le fonctionnement est essentiel (implication des habitants, réussite technique et lien social).

Des établissements (d’enseignement, de santé, de commerce, de restauration, etc) peuvent aussi « internaliser » la gestion de leurs biodéchets sur leur site (compostage autonome en établissement). Le compost produit est valorisé sur place.

À l’échelle collective, le compostage se pratique sur des plates-formes spécifiques, dans des conditions réglementées

 Avantages du compostage partagé  

Le développement du compostage partagé offre de multiples avantages à un territoire : 

• Au niveau environnemental, il participe de manière concrète à la prévention des déchets à prendre en charge par la collectivité. A moyen et long terme, son développement permet de réduire les volumes de déchets à transporter et à traiter de manière centralisée. Si les processus de compostage sont bien conduits, cela contribue ainsi à la réduction des gaz à effet de serre. Il permet aussi de produire localement un amendement qui sera utilisé à proximité des habitations.

• Au niveau social, et ce point paraît un succès très apprécié, les réalisations de compostage partagé permettent de créer du lien social dans un immeuble ou dans un quartier. Elles permettent « le faire ensemble » créateur de liens. Son développement expose par ailleurs les habitants d’un territoire à des gestes éco-responsables. De nombreux responsables de collectivité ont relevé les occasions d’échanges d’informations et d’améliorations d’autres pratiques comme par exemple la collecte séparée ou la récupération d’eau pluviale.

• Au niveau économique une politique forte de soutien au compostage partagé nécessite certes des moyens financiers et humains importants, mais elle représente un investissement qui offre de très nombreux avantages.

S'approprier un savoir faire, se donner l'occasion d'un partage gratifiant entre voisins, produire son compost pour les plantes de son appartement, pour les espaces verts de la co-propriété, contribuer à une meilleure gestion de son environnement et réduire les coûts de sa poubelle.

❒ Enjeux du compostage partagé

➤ Une aide de la collectivité ?

Pour les particuliers qui n'ont pas accès à un jardin, le compostage partagé sur un espace vert de la co-propriété ou un terrain public est une solution intéressante à de nombreux points de vue .

Si on habite une commune qui soutient le compostage, il faut juste un peu de motivation. Les services de la ville fourniront les bacs à compost, ils alimenteront régulièrement le site en matière sèche, un mélange de broyats, de feuilles mortes, de tontes et d’autres déchets verts. Il s’agit de l’élément structurant indispensable pour faire du compost, mais il est peu disponible quand on vit en appartement ! 

Dans une copropriété, la décision d’ouvrir une aire de compostage se prend en assemblée générale. Un coin de jardin suffit. En l’absence d’espace vert privatif, on peut tenter de créer un compostage de voisinage ou de quartier et négocier un peu d’espace public avec sa mairie. Dans tous les cas, la proximité d’un square, d’un parc ou d’un petit espace arboré facilite les choses.

 ➤ Des conditions impératives de succès :  

Que l’initiative vienne d’une municipalité ou d’un groupe d’habitants, un projet de compostage semi-collectif nécessite l’investissement et la coopération de tous les acteurs pour être mené à bien; il faut en effet avoir : 

Démarche pour l’installation d’un site 

Chronologiquement, le plan phasé de mise en place d'un site de compostage partagé se déroule comme suit :

  1. Trouver un nombre suffisant de bénévoles pour s'occuper du site de compostage ; 
  2. Déterminer la zone de participation (la taille du site de compostage peut être déterminée en fonction d'une estimation du nombre de familles participantes) ;
  3. Déterminer l'espace requis l'emplacement approprié (idéalement, il doit être partiellement ombragé) ;
  4. Vérifier la position adoptée par le bailleur ou le conseil syndical à l'égard de l'aménagement d'un site de compostage ;
  5. Vérifier la nécessité d'implanter un site de compostage et le nombre d'habitants qui seraient disposés à s'engager (10 % des familles est considéré comme le chiffre minimal ;
  6. Collecter les arguments pour et contre le compostage ;
  7. Présenter le projet au bailleur ou au conseil de co-propriété ou en assemblée générale ;
  8. Définir le financement et les frais de fonctionnement du projet ;
  9. Construire le site de compostage en prêtant attention à sa fonctionnalité et en prévoyant un espace suffisant pour les manipulations du compost ;
  10. Inaugurer (officiellement) le site de compostage avec, sur demande, un relais de terrain compétent (guide-composteur ou maître-composteur) qui pourra faire une présentation ;
  11. Assurer le suivi du site de compostage (guide-composteur ou maître-composteur).

                -  l’adhésion des ménages concernés. Elle sera favorisée par une information préalable sur les enjeux du projet (environnemental, économique...), par la prise en compte de leurs demandes (simplicité d’usage, intégration dans le cadre de vie, limitation des nuisances de fonctionnement) ;

          - une bonne organisation et implication des participants pour une mobilisation durable autour de l’opération. Il est en particulier important d’avoir une personne référente (guide-composteur) qui ait bénéficié d’une formation pratique au compostage (toujours la même personne ou mise en place d’un tour de rôle). Elle sera chargée de la bonne marche de l’opération (accompagnement dans la durée des participants, conseils, rappel et respect des consignes, suivi du compostage, animation, contact avec les participants...) ;

          - des bénévoles qui se mobilisent et se forment pour informer leurs concitoyens et mener à bien des opération de compostage domestique et semi-collectif.

          - une place suffisante, d’au moins quelques mètres carrés. Cet emplacement doit être choisi en concertation avec les habitants et peut être si nécessaire dissimulé par des plantations, une clôture suffisamment haute... ;

         - une participation suffisante (15 à 20 personnes au moins).


 Les solutions techniques

 Déchets pris en charge 

• Déchets de cuisineLa plupart des sites prennent en charge uniquement des déchets de cuisine provenant essentiellement des ménages : Les épluchures de fruits et de légumes, les filtres et le marc de café, les sachets de thé, les fruits et légumes abîmés, les coquilles d’œuf écrasées, les fleurs fanées, les boîtes à œufs en carton, les peaux d’agrumes coupées en petits morceaux, les feuilles d’essuie-tout, les déchets verts (réduits en morceaux). En France, la plupart des sites n'acceptent pas la viande, le poisson, les restes de repas. 

• Déchets verts Quelques sites traitent de petites quantités de déchets de jardin. Il s'agit des sites implantés dans des jardins partagés, dans des sites de démonstration gérés par des associations ou encore de petites quantités de déchets provenant des espaces verts des co-propriétés.

• Déchets de cuisine et déchets vertsSur les sites faisant du compostage en andain, les déchets de cuisine sont généralement pré-compostés dans un bac avant d'être intégrés dans les andains de compostage

  Tonnages/an pris en charge Il est souvent difficile d'évaluer exactement les quantités prises en charge sur un site, tant les variables à prendre en compte sont nombreuses : combien de temps le bac met-il pour se remplir ? Quelle est la perte en eau et carbone de la matière en 1, 2 ou 3 mois d'accumulation ? Le tas a-t-il peu ou beaucoup chauffé ? Quelle est la proportion de co-produit qui a été intégrée dans les bacs ? Toutes ces variables créent une certaine imprécision dans les données concernant les tonnes détournées. Dans l'idéal, il serait intéressant de pouvoir peser tout ce qui rentre dans un bac.

  Systèmes En France, les techniques utilisées sont les suivantes :

        ▪ compostage en bacs   ▪ compostage en andain   ▪ compostage en pavillon de compostage 

        ▪ lombricompostage en bacs roulants : 

  1.  Le lombricompostage permet de composter ses déchets de cuisine en l’absence de jardin. Il peut donc convenir à des personnes vivant en appartement, en zone urbaine, ne possédant pas de jardin ou à des personnes à mobilité réduite. C’est un véritable outil pédagogique pour éduquer à l’environnement : établissements scolaires, centres de loisirs, centres de vacances... peuvent se doter d’un lombricomposteur pour sensibiliser leurs différents publics à la problématique des déchets et leur gestion.
  2. Seuls les déchets de cuisine sont pris en compte. Il demande un minimum de suivi afin d’éviter certains désagréments comme l’apparition de moucherons. La présence de vers de fumiers peut être un frein pour certains ménages d’où la mise en place d’un accompagnement et d’une sensibilisation lors de la distribution de ce matériel.


➤ Les remèdes aux désagréments de débutant

• Une odeur d’œuf pourri. Le compost est trop humide et trop tassé. Ajoutez de la matière sèche et brassez pour l’aérer.

• Une odeur d’ammoniac. C’est un excès de tontes de pelouse fraîches, on y remédie en ajoutant des branchages coupés, des feuilles sèches.

• Un nuage de moucherons. Ils prolifèrent quand il fait chaud si les déchets de cuisine sont restés en surface sans avoir été mélangés. Recouvrez-les de matière sèche.

• Un dépôt blanchâtre. Le compost est desséché, alors qu’il doit toujours rester un peu humide pour que les micro-organismes agissent. Il faut l’arroser ou laisser le capot ouvert s’il pleut.


☛ plus d’infos : Guide méthodologique du compostage partagé (ou semi-collectif) : compostage en pied d'immeuble, de quartier...


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