Déchets issus de l'assainissement

Les eaux usées sont toutes les eaux résiduaires provenant de la population mais également des activités industrielles et commerciales. Le traitement des eaux usées peut être réalisé de manière collective dans une station d’épuration ou de manière individuelle (assainissement autonome).

La France métropolitaine compte 19 521 stations d’épuration en activité (2014) dont 88 possèdent actuellement une unité de méthanisation sur site pour le traitement des boues.

Les collectivités sont en charge du service d’assainissement des eaux usées. Avec l’entretien des réseaux de collecte et les traitements en station d’épuration, l'assainissement des eaux usées génère plusieurs types de sous-produits donc des déchets.

❒ Les sous-produits des réseaux d’assainissement

Les réseaux d’assainissement génèrent des matières de curage composées de graviers, de sables, de matières organiques, de graisses (issues de l’artisanat et de la restauration) et de détritus divers qui s’accumulent dans les réseaux au niveau des endroits où la vitesse d’écoulement des eaux est ralentie.                                                    

❒ Les sous-produits des stations d’épuration urbaines

Les stations d’épuration urbaines génèrent 

~ les refus de dégrillage composés des déchets solides de toute nature : bouts de bois, boîtes de conserve, flacons en plastique, feuilles, etc. (40 m3 de refus de dégrillage pour 106 m3 d'eau traitée) Les refus de dégrillage sont assimilés aux ordures ménagères et ils suivent généralement les mêmes filières de collecte et de traitement que celles-ci.

~ les matières de dessablage composées par les particules lourdes comme le sable ou le gravier sont récupérées au niveau des prétraitements de la station. Les quantités récupérées sont importantes. Par exemple, à l’échelle d’une agglomération comme Bordeaux, les sables issus du nettoyage de la voirie et du système d’assainissement représentent une masse de 30 000 t/an. Les sables peuvent contenir des éléments polluants comme des métaux lourds issus notamment des réseaux pluviaux et ils sont souvent carencés en azote ce qui exclue leur valorisation agricole. Ils peuvent cependant être utilisés en tant que sables de remblais
~ les matières grasses de dégraissage-déshuilage. Elles sont récupérées grâce à leur flottaison. Les résidus secs après séchage sur un lit dédié pourraient être envoyés dans un centre de traitement des déchets, tandis que les eaux de colatures pourraient être renvoyées dans le traitement secondaire. Une autre possibilité serait de valoriser les graisses par codigestion dans le méthaniseur.

~ les boues principalement constituées de particules solides non retenues par les prétraitements en amont de la station d’épuration soit des matières organiques non dégradées, des matières minérales et des micro-organismes. Elles se présentent sous forme d’une « soupe épaisse » qui subit ensuite des traitements visant en particulier à réduire leur teneur en eau. La quantité moyenne produite en France est de 15 kg de matière sèche/hab/an. (environ  1,1 million de tonnes de matières sèches en 2010)                                                       

❒ Traitement des déchets d'assainissement

On ne peut pas jeter n’importe quoi dans le système d’assainissement : 

  • les lingettes bouchent les canalisations et dégradent les pompes ; 
  • les produits toxiques sont dangereux pour les exploitants, pour l’environnement et dégradent les stations d’épuration. Enfin, ce qui entre dans les caniveaux rejoint souvent directement les rivières. 

Cependant pour déterminer quelle solution de traitement est adaptée à chaque catégorie de déchets issus de l’assainissement on a le choix entre :

le séchage solaire présente l'intérêt direct de nécessiter de faibles consommations d'énergie : environ 250 kW par tonne d'eau évaporée, contre environ 850 kW par tonne évaporée pour le séchage direct et 950 kW pour le séchage indirect.

~ la méthanisationLa France métropolitaine compte 88 stations d’épuration en activité qui possèdent actuellement une unité de méthanisation sur site pour le traitement des boues. On note que l'intérêt de méthaniser les boues avant de les composter est double : d'une part on produit du biogaz valorisable, d'autre part on réduit le volume de "déchets" non facturés (contrairement aux déchets verts) à gérer sur la plate-forme de compostage. Le potentiel méthanogène théorique maximal à partir de l’ensemble des boues de station d’épuration des eaux urbaines est de 2,13 TWh/an. -soit 6% de la production- (en 2014, consommation 466 TWh; production 30 TWh ; importation 436 TWh-) ADEME 2014  

~ l’épandage : L’épandage direct est la principale voie de retour au sol des déchets organiques. Il concerne la majorité des effluents d’élevage et 60 % des boues de stations d’épuration des eaux. L’épandage concerne aussi tous les autres déchets organiques, notamment ceux issus de la méthanisation (les digestats) ou les composts. L’épandage de boues de stations d’épuration ne représente qu'1 à 2 % des épandages agricoles (en 2010) ; 98 % des épandages étant constitués de fumiers, de lisiers d'élevages ou de fientes de poulets. L’épandage n’est possible que s’il présente un intérêt agronomique et s’il ne constitue pas un danger pour l’homme, les végétaux, les animaux et l’environnement. Afin de garantir ces principes, des règles précises encadrent les plans d’épandage agricole. La Suisse a quant à elle choisi par mesure de précaution d'interdire l'épandage agricole de boues d'épuration.

~ le compostage, et la fabrication de matières fertilisantes.Les produits résiduaires organiques (PRO), c'est-à-dire des composts de biodéchets, d'ordures ménagères résiduelles (OMR) ou de boues d'épuration, présentent "un intérêt agronomique indéniable (…) sans impact environnemental significatif", a indiqué l'Inra le 3 octobre2014. 

En revanche, ils sont susceptibles d'apporter trois classes de contaminants : biologiques, organiques et minéraux. En effet, les boues d'épuration urbaines, du fait de leur origine fécalesont susceptibles de véhiculer des agents biologiques pathogènes, tels que bactéries, virus, parasites, et peuvent participer à la dissémination de l’antibiorésistance.

Quant aux contaminants organiques et minéraux, la lente accumulation dans les sols de ceux qui sont le plus difficilement dégradables pourrait "sur le long terme, conduire à une contamination des sols difficile à maîtriser"Les boues peuvent ainsi être transformées en produit fertilisant. Mais pour ce faire, la réglementation impose une homologation de la procédure et du produit obtenu. 

~ l'incinération avec récupération de chaleur; en développement la récupération de la chaleur des eaux usées

~ le stockage Depuis juillet 2002, les boues ne devraient plus être stockées en centre d'enfouissement. Cette échéance n'a cependant pas pu être respectée en Europe. La réduction progressive du stockage des déchets municipaux biodégradables a donc été planifiée jusqu'en 2015. Les boues sont autorisées en installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) si elles contiennent au moins 30 % de matière sèche.

☛ ADEME : Mis à jour le 01/09/2014

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